Stéphane Montavon

Pile ou faces

Proche des formes graphiques de l’illustration et de la bande dessinée, l’univers pictural de Stéphane Montavon est centré sur la figure humaine, parfois monumentale, ou alors démultipliée en une ribambelle de petits personnages espiègles. Cette thématique unique, déclinée à l’infini, trouve corps dans des couleurs affranchies des règles académiques, comme le sont d’ailleurs aussi les formes et les volumes. Sur les toiles, les teintes saturées explosent à l’acryl dans des opacités qui se superposent ou se juxtaposent à des contours linéaires. Un jeu analogue de transparences est utilisé de manière plus subtile lorsque l’artiste dessine sur du papier calque, qu’il utilise recto-verso, afin de créer une atténuation des teintes et une profondeur accrue.
Les œuvres de Stéphane Montavon sont ainsi structurées par des univers différenciés qui s’interpénètrent, dans un entremêlement de lignes et de formes dont le regard peine parfois à s’extraire. Lorsque le spectateur trouve une brèche pour entrer plus profondément dans une composition, il se fait piéger comme à l’intérieur d’un labyrinthe de miroirs reflétant des réalités parallèles et psychédéliques.

La puissance des volumes et des couleurs ainsi que la saturation de l’espace par une multitude de personnages – qui semblent déborder des limites du papier – contribuent à captiver l’attention.
La proximité avec la bande dessinée pourrait laisser croire, tout d’abord et de manière trompeuse, qu’on se trouve en présence de dessins inoffensifs et anecdotiques. Rapidement, cette première impression est balayée par la complexité des surfaces et des rythmes qui semblent répondre à un mystérieux langage aux accents presque inquiétants. Ce sentiment est corroboré par les yeux vides et inexpressifs de certains visages, ou encore par les grimaces ricanantes d’autres personnages. Est-ce du rire ou du sarcasme? L’ambiguïté est volontairement maintenue, reflet des difficultés à décrypter le monde actuel. Car, comment ne pas voir, dans ce chaos orchestré, une interprétation de la réalité contemporaine aliénante et exténuante? Mais l’artiste ne nous met pas en garde, il porte son regard sur ce qui l’environne, le ponctue d’interrogations sans réponses; observateur interloqué, il ne cherche pas nécessairement à interpréter. Il confie au papier son image du monde et de l’être humain, simplement poussé par la nécessité vitale de dessiner.

Autour de

l’exposition

Ouverture

3 mars
→   1 avril 2010

Événements

Présentation performée et lectures

autour des publications de l’Atlas (2026) et du Reader (2025) Revolving Histories on translocal performance art Switzerland par Lena Eriksson, Sabine Gebhardt Fink, Chris Regn, Dorothea Rust, Andrea Saemann et Margarit von Büren.
En conversation avec Marie-Eve Knoerle

Entrée libre

sa 28 mars
17 h 17 h 30

Au printemps 2026, les éditions Vexer Verlag (St. Gallen/Berlin) publient, après le Lesebuch, le deuxième volume de Revolving Histories: l’Atlas sur l'art performance translocal en Suisse. Le volume rassemble 14 textes issus de recherches approfondies et de travaux de terrain menés dans les centres urbains et les régions rurales, de Bâle au Val Müstair et de la Suisse orientale au lac Léman. Des auteurs·trices, artistes et conservateurs·trices retracent des « paysages de performance », racontent des scènes, des espaces d'événements, des festivals et des artistes qui ont marqué l'art performance en Suisse depuis les années 1960 jusqu'à nos jours. Plusieurs séries de photographies avec plus de 300 documents tirés du catalogue pour Collections Art Performance Suisse, ainsi qu'un glossaire du vocabulaire de la pratique de la performance, font de cet atlas un ouvrage de référence complet pour celles et ceux qui souhaitent en savoir plus sur l'art performance et ouvrir de nouvelles perspectives.

Joy is something serious

Performance de Chris Regn

Entrée libre

sa 28 mars
17 h 30 17 h 45

Chris Regn (ou Helga Broll) fait partie de l’équipe de Revolving Histories avec Lena Eriksson, Sabine Gebhardt Fink, Muda Mathis, Dorothea Rust, Andrea Saemann et Margarit von Büren. En écho aux activités menées dans le cadre de l’exposition BANG BANG – histoire:s translocale:s de la performance au Musée Tinguely (2022), elle propose un dialogue avec le travail de Niki de Saint Phalle et une relecture de ses revendications sous la forme d’un clip vidéo commenté.

La part du Gâteau

Performance de Sabrina Smaili

Entrée libre

sa 28 mars
17 h 45 18 h 15

Dans un dispositif de tableau vivant, La part du Gâteau propose un langage visuel et corporel où les couleurs deviennent un outil narratif : gris pour évoquer la neutralité, l’industrie ou l’indifférence, et vert pour une vie rêvée tout en instabilité. L’artiste explore la beauté, l’ambiguïté et la violence latente d’un paysage à la fois naturel, social et intime. Au centre, l’image du gâteau ajoute une dimension festive qui dérive sur des enjeux de compétition et d’accès à la réussite.

Duet part II

Performance de Juliette Uzor

Entrée libre

sa 28 mars
18 h 15 18 h 45

La série de performances Duet met en perspective le corps en tant qu’espace politique, en questionnant ses limites et ses capacités tel un instrument pluriel. Dans Duet part II, un léger tumulte se produit, des gestes familiers émergent, traversés par une danse faite de flexions, de déséquilibres et de tentatives d’équilibre. La pièce explore les rythmes d’une réalité nouvelle et met en tension les attentes de l’artiste, ainsi que celles projetées par les autres, autour de la maternité.

résonances

Performance de Heike Fiedler

Entrée libre

sa 28 mars
19 h 15 20 h

Le fil rouge de la performance repose sur l’infini des possibles
qui surgit dans l’entre deux, oralité et écriture. Les paroles
d’artistes récoltées durant les entretiens filmés de Revolving Histories, transcrites pour la publication Atlas, désormais imprimées, sont retransposées dans leur dimension d’énonciation. Exploration des voix et du caractère éphémère de la parole, moment de choeur improvisé, des résonances auxquelles s’ajoute la présence du sable en écho à l’histoire de l’artiste.

Bestiario

Performance de Maria Fernanda Ordoñez

Entrée libre

sa 28 mars
20 h 20 h 30

À l’aide d’un bestiaire de marionnettes qu’elle conçoit comme des présences autonomes, avec leur propre narratif, l’artiste déploie un récit composé de questions et de doutes par rapport à notre monde en crise, qui juxtapose des registres poétiques et comiques. L’ensemble des personnages, mis en scène dans un dispositif de castelet, révèle des dimensions fantasmagoriques et mystiques. Les voix se manifestent en polyphonie avec leurs sonorités spécifiques, s’incarnent ou demeurent spectrales.

Behind the words

Performance de Judith Huber

Entrée libre

sa 28 mars
20 h 30 21 h

L’artiste travaille avec du papier fin en rouleau, en amont de toute inscription. Avec une attention méditative, elle en révèle les mouvements les plus infimes : elle compresse, secoue, soulève, fait pivoter, plie et froisse le papier. Chaque geste produit une réponse, des sons naissent qui dessinent une partition minimale, entre présence et absence, action et équilibre, bruit, silence et immobilité. Un dialogue avec le matériau qui crée sa propre existence sculpturale.

Expositions

précédentes