Claude Gigon
Marie Gailland
Olivier Estoppey
Zivo

Promenons-nous dans les bois…

La présence de l’animal dans les créations humaines perdure depuis l’époque des premières peintures rupestres. Les civilisations l’ont adoré comme figure divine, diabolisé comme représentation du mal, symbolisé comme apparence d’un concept invisible, raconté en fables, illustré dans des bestiaires plus ou moins réalistes ou bien utilisé comme élément décoratif. Et aujourd’hui encore, ce thème ne cesse de fasciner les artistes et de les accompagner dans leur compréhension du monde.
Le titre de cette exposition renvoie au jeu, à la comptine, et souligne le côté énigmatique que l’on retrouve chez les quatre artistes réunis pour l’occasion.
Puisant dans le spirituel et le mythe, les peintures de Marie Gailland sont habitées de symboles, de figures humaines ou animales, réduites à leur essence par un trait qui jaillit du cœur du tableau, tel la réminiscence d'un dessin ancestral. Spontané, le geste n'en est pas pour autant expressionniste, mais au service d'une fraîcheur sans cesse renouvelée que l'artiste cherche à exprimer pour reporter sur la toile le souffle qui l'anime. Si l'on parcourt son travail depuis les débuts, on peut observer une liberté gagnée au fil des ans, avec l'abandon progressif de la symétrie et d'une construction très stable au profit de compositions de plus en plus légères, soutenues par une narration qui tient du merveilleux.
Proche de la légende et du dessin d'enfant, le travail de Zivo, tel qu'il nous est livré sur les toiles et les papiers, est la dernière étape d'un long processus indissociable de sa propre histoire. Les supports qu'il utilise, laissés le plus souvent à l'état brut, sont tout autant importants avec leur matière irrégulière que le dessin lui-même. A peine suggéré, le trait émerge du fond, présence-absence d'une idée, d'un souvenir qui a trouvé ici sa matérialisation maximale et que la mémoire semble peiner à retenir. L'animal y fait son apparition fugitive comme un signe, un symbole, un objet rituel, qui n'est pas sans rappeler les peintures murales primitives.

D'une extrême sobriété, les grands dessins sur papier de Claude Gigon, blancs sur fond noir, sont le prolongement d'une série qu'il avait intitulée «Portraits d'idées». Les animaux représentés affleurent sur le fond sombre, tels des présences fantomatiques, observant le spectateur de leurs yeux absents, volant dans un espace vide ou encore sous forme d'un œuf en attente d'éclore. La rapidité du geste de l'artiste, que l'on sent poussé par une force intérieure impérieuse, anime ces figures étranges d'une vie propre, comme si la main en avait révélé la présence préexistante. L'artiste se transforme ainsi explicitement en créateur, tandis que la feuille de papier devient matière première, cadre primordial où la magie s'opère.
Les sculptures d'Olivier Estoppey sont toujours conçues pour trouver une place dans un environnement particulier. Il a choisi de présenter ici un taureau agonisant, faisant partie d'un ensemble, «Le tombeau de Couperin», car il s'adaptait au cadre du jardin de la Ferme. En le plaçant au centre des ruines de la chapelle, il lui offre un écrin abritant son dernier souffle tout en soulignant le concept de sacrifice et de mort lié à cet ancien lieu de culte. L'expressivité qui sous-tend ces œuvres, issue d'une parfaite maîtrise technique, permet au sculpteur de transcender l'image représentée pour poser inlassablement le même questionnement sur l'homme et sa place dans le monde, à travers l'animal qui revient sans cesse dans son travail.
A l'origine de cette exposition, il y aurait dû y avoir une ribambelle de loups qui ne pourront pas être installés, d'autres seront bien là, alors, «Promenons-nous dans les bois...»

Autour de

l’exposition

Ouverture

18 avril
→   6 mai 2012

Événements

Lecture et discussion avec Kiyémis, auteure et poétesse

Autour de l’ouvrage Pour la joie, une ode à la résistance poétique et politique

Entrée libre

sa 30 mai
17 h 18 h

Concert de Rien Virgule à la cave12

Scénographie de Jessica Decorvet avec le rideau monumental de
l’exposition Paysage impossible qui sera déplacé ce jour-là uniquement pour le concert. L’exposition à la Ferme de la Chapelle reste ouverte.
Adresse: rue de la Prairie 4, Genève
Horaires et infos sur cave12.org

je 11 juin
21 h 22 h 30

Performance de Jessica Decorvet

Dévoilement de l’œuvre Néophytes, en évolution le temps de l’exposition

Entrée libre

je 2 juillet
18 h 30 19 h 30

Visites

Le français c’est tout un art

Visite pour non francophones

Entrée libre

di 28 juin
15 h 16 h 30

Do you speak French? Ju mësoni frengjisht? Voces aprendem o frances?
Nous regardons ensemble des œuvres d’art, nous apprenons de nouvelles expressions et nous parlons. C’est une opportunité unique de pratiquer votre français dans un lieu culturel!
Débutant-es et avancé-es, enfants et personnes francophones bienvenu-es!

Scolaires

Visites et ateliers pour les publics scolaires

Visites et ateliers de l’exposition PAYSAGE IMPOSSIBLE

Pour tous les degrés scolaires

45 min ou 90 min

En français

Visite + atelier pratique 90 min
Convient aux classes du cycle primaire 1P – 8P
 
De loin ou de près, que vois-je derrière les hautes herbes qui m’entourent ? Munis d’outils d’observation, les élèves se transforment en explorateurs et exploratrices le temps de la visite de l’exposition de Jessica Decorvet. Tantôt il sera question de se pencher sur un détail, tantôt il faudra s’en extraire pour observer l’ensemble du paysage déployé par l’artiste. Les différents points de vue stimuleront la curiosité et l’observation fine des élèves qui créeront à l’atelier un jeu d’oie personnalisé.

Visite + atelier pratique 90 min
Convient aux classes du cycle secondaire I et II

La nature, le paysage et les plantes invasives : voilà des notions à repenser face à l’installation immersive et aux dessins de petit format de l’artiste Jessica Decorvet. À travers l’observation des différents cadrages, les élèves seront amenés à changer de point de vue, à passer d’un regard passif à une posture active et à explorer ainsi l’impact de leur position sur la lecture d’image. Entre sentiment océanique et regard analytique, les élèves jongleront avec les effets du cadrage lors de la création d’un paysage en techniques mixtes.

Visite commentée 45 min
Convient à tous les degrés scolaires
 
Pendant l’exposition, il est possible de réserver des visites commentées, adaptées au niveau scolaire de vos élèves. Des visites … qui partent de l’œuvre d’art pour s’ouvrir au monde… qui font la part belle aux cinq sens… qui permettent d’échanger, de s’arrêter plus longtemps et de discuter ensemble !
 

Mini-visite pour EVEP

Dès 3 ans

45 min

En français

Au mois de juin, les mercredis sont réservés aux EVEP pour une approche sensorielle de l'exposition.

Expositions

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