Barbezat-Villetard
David Curchod
Xavier Bauer

Mise en abyme

Avec la délicatesse de l’orfèvre, David Curchod transforme le papier en fragiles silhouettes. Squelettes, feuillages poinçonnés, femmes sans visage, structures viscérales et tatouages composent des assemblages labyrinthiques. Dans ces entrelacs d’éléments qui se répètent, le chaos n’est qu’apparent, orchestré par des symétries et des correspondances de formes et de couleurs. L’artiste travaille par thèmes qu’il décompose et reformule de manière presque obsessionnelle et exhaustive, pour créer une suite de variations subtiles des tonalités et des dispositions. Les éléments sont découpés, parfois finement perforés et ensuite superposés en couches successives qui augmentent progressivement la complexité de l’ensemble et créent des effets de profondeur, de vides et de pleins, d’ombres et de lumières. Tel un jeu de miroirs kaléidoscopiques, ces œuvres se dévoilent progressivement, couche par couche, révélant des univers surréalistes qui s’emboîtent comme les rêves et les souvenirs.
Les installations de Xavier Bauer questionnent sur l’essence de l’image, sur ce moment intangible où elle devient perceptible au regard. Finement lacérée en lamelles, la photo retournée vers la paroi laisse filtrer la lumière qui crée sur le mur un reflet évanescent. Par ce processus, l’œuvre remonte aux sources de la photographie, en passant par une réminiscence du monotype dont l’encre serait ici immatérielle; il répète indéfiniment la magie du révélateur faisant émerger l’image photographique sur le papier sensibilisé. Le sujet représenté est inféodé au jeu de lumière et d’ombres qui en reproduisent un simulacre éphémère et changeant selon l’intensité de l’éclairage. Ce qui importe est cette frontière labile entre apparition et disparition de l’image qui devient ainsi énigme que le spectateur va tenter de résoudre et, entrainé dans cette interrogation, il est invité à questionner la nature même de ce qu’il perçoit.

La dynamique d’émergence de l’image est accrue dans la série des écrans thermochromes sur lesquels elle affleure tel un mirage. Avec Oxymoron enfin, bloc de cendre compressé, l’ambiguïté de la perception visuelle est exacerbée par l’apparente solidité de cette sculpture qu’un souffle peut réduire à nouveau en poussière.
En intervenant sur l’espace pour en modifier la perception, le collectif Barbezat-Villetard confronte le visiteur à sa propre manière de regarder. Les deux artistes mettent en œuvre des matériaux aux formes géométriques simples, utilisés comme plans ou lignes, translucides, opaques, colorés ou lumineux. Sobres et épurées, ces installations créées à chaque fois pour un lieu interrogent de ce fait immédiatement sur leur relation avec l’environnement et permettent d’appréhender celui-ci avec un regard neuf. Par l’utilisation du filet, du néon ou de la plaque de verre, ces plasticiens soulignent leur volonté d’employer des matériaux fabriqués industriellement et d’en détourner la fonction première. Ils réalisent ainsi une double aliénation, celle de l’espace et celle de l’objet. Le néon se fait catalyseur géométrique, le trait sprayé reformule un lieu d’exposition, les papiers découpés et ondoyants entrent dans la troisième dimension et les plaques de verre deviennent sculptures en équilibre précaire. Chaque intervention artistique est dictée par l’endroit qui la subit et diffère donc des autres, tout en gardant un propos unique qui se développe avec pertinence d’une création à l’autre.

Autour de

l’exposition

Ouverture

31 octobre
→   13 décembre 2015

Événements

Lecture et discussion avec Kiyémis, auteure et poétesse

Autour de l’ouvrage Pour la joie, une ode à la résistance poétique et politique

Entrée libre

sa 30 mai
17 h 18 h

Concert de Rien Virgule à la cave12

Scénographie de Jessica Decorvet avec le rideau monumental de
l’exposition Paysage impossible qui sera déplacé ce jour-là uniquement pour le concert. L’exposition à la Ferme de la Chapelle reste ouverte.
Adresse: rue de la Prairie 4, Genève
Horaires et infos sur cave12.org

je 11 juin
21 h 22 h 30

Performance de Jessica Decorvet

Dévoilement de l’œuvre Néophytes, en évolution le temps de l’exposition

Entrée libre

je 2 juillet
18 h 30 19 h 30

Visites

Le français c’est tout un art

Visite pour non francophones

Entrée libre

di 28 juin
15 h 16 h 30

Do you speak French? Ju mësoni frengjisht? Voces aprendem o frances?
Nous regardons ensemble des œuvres d’art, nous apprenons de nouvelles expressions et nous parlons. C’est une opportunité unique de pratiquer votre français dans un lieu culturel!
Débutant-es et avancé-es, enfants et personnes francophones bienvenu-es!

Scolaires

Visite pour les publics scolaires

Visite commentée de l’exposition en cours

Pour tous les degrés scolaires

45 minutes

En français

Pendant l’exposition, il est possible de réserver des visites commentées, adaptées au niveau scolaire de vos élèves. Des visites … qui partent de l’œuvre d’art pour s’ouvrir au monde… qui font la part belle aux cinq sens… qui permettent d’échanger, de s’arrêter plus longtemps et de discuter ensemble !

Expositions

précédentes