La Ferme de

Anaïs Wenger
Julia Perazzini
Léa Meier
Old Masters

TELL ME

Conçue comme une réflexion sur les liens unissant environnement scénique, objet d’art et corps, TELL ME a lieu au sein de TROPES, exposition de Charlotte Herzig et Sarah Margnetti.

La peinture, pensée par les artistes comme un décor, une scène en attente, accueille les créations de Old Masters, Léa Meier, Julia Perazzini et Anaïs Wenger. Rassemblé.e.s par affinité, les performeuses et performeurs explorent différents modes de mise en scène sociale de soi – individuelle ou collective.
Elles et ils font pénétrer dans l’espace d’art d’autres situations performatives : défilé de mode, conférence scientifique, concert ou vidéo YouTube. Rejouant ces moments déjà scénarisés ou théatralisés, les performances décryptent un certain rapport entre identité et cadres de représentation. Divers lieux – scène, podium, amphithéâtre – se superposent alors à l’espace d’exposition et dérangent ses propres codes d’interaction.

Le titre TELL ME fait référence à la pièce éponyme de 1979 de l’artiste Guy de Cointet (1934-1983), qui fut l’un des premiers à associer poésie visuelle, art conceptuel et formes théâtrales autour d’une recherche sur le langage.
A la Ferme de la Chapelle, TELL ME convoque cette recherche sur la communication interpersonnelle et les relations à l’environnement et aux oeuvres. Les peintures murales se muent en objets-décors, objets-scènes au milieu desquels public et performeur.euse.s se font personnages de fiction, sujets sémiotiques.
Soirée organisée par le Collectif Détente dans le cadre du Festival Antigel

WAVES ON
Une performance inédite de et avec Julia Perazzini, Cie Devon
Regard extérieur : Simon Guélat, Louis Bonnard
Administration – diffusion : Véronique Maréchal – Tutu Production
Remerciements : Antoine Frammery, Joseph Trufflandier
Avec le soutient de DOC ! Paris, Le Carreau du Temple et La Ménagerie de Verre – Paris
Durée 30 min
Poursuivant ses recherches sur la perméabilité entre les individus, Julia Perazzini explore avec Waves On le champ de la perception. Elle réactualise le contenu de vidéos YouTube restituant l’expérience de personnes sourdes et malentendantes qui, lors de l’activation d’un implant cochléaire (de l’oreille interne) par un audioprothésiste, entendent pour la première fois. Incarnant un flux continu de personnages, l’artiste met en scène l’intensité de leurs réactions et rejoue à l’identique les spécificités de leurs paroles et gestes. « Je les restitue avec rien d’autre que mon corps et ma voix. Ce moment ultra théâtral fait basculer la personne dans un nouveau monde en une fraction de seconde, et son interlocuteur aussi. C’est une révolution intérieure, un big bang. »

CONSTRUCTIONISME
Une performance de Old Masters (Marius Schaffter et Jérôme Stünzi)
Avec Marius Schaffter
Durée 30 mn
Dans Consctructionisme, l’objet d’art est analysé et disséqué avec autant d’érudition que de sens critique et d’humour. Reprenant les codes et tics des conférences académiques, Marius Schaffter imagine une allocution largement improvisée au sujet d’un objet spécialement créé pour l’occasion par son collègue Jérôme Stünzi. Le conférencier fait parler l’oeuvre tout en la disséquant comme dans le cadre d’une étude anatomique. Le sens et les questionnements résidant au fond – ou à la surface – de l’objet d’art se révèle à mesure de sa destruction. A coup de marteau et de scie, la sacralité de l’oeuvre unique laisse place à la jouissance transgressive de la profanation.

WICKED GAME TBA
Une performance d’Anaïs Wenger
Avec Lynn Maring
Durée 20 min
En invitant un.e artiste différent.e à chaque représentation de son « Wicked Game », Anaïs Wenger navigue entre pratique collaborative et portrait documentaire. Ici, c’est Lynn Maring qui interprète et raconte son rapport à la célèbre chanson d’amour de Chris Isaak, figure de crooner victime de sa sensibilité. Jouant sur le processus de répétition et d’appropriation, sur la nuance entre interpréter et incarner une oeuvre existante, Anaïs Wenger questionne les notions de construction culturelle d’identité commune et interpersonnelle.

GUERISON BABY GIRL
Une performance inédite de Léa Meier
Avec Tatiana Baumgartner, Claire Dessimoz, Aïsha Gebhard, Agathe Hazard Raboud, Nayansaku Mufwankolo et Aurore Zachayus
Musique : Serge Teuscher
Avec le soutien du Canton de Vaud et de la Fondation Nestlé pour l’art
Durée 25 min
Avec GUERISON BABY GIRL, Léa Meier détourne la forme codifiée du défilé de mode et compose sur tissu un langage symbolique dissident, cousu de mots, de sexes et de mains aux ongles vernis et enflammés. Au rythme de la musique et d’un texte-manifeste déclamé, le défilé met en scène des vêtements qui ne cachent pas les singularités des corps des performeuses, liées par une puissante identité de groupe. Une valorisation du hors-norme, une pratique féministe à la fois inclusive, liée au soin, mais aussi à une certaine violence nécessaire. « Mon travail plastique et performatif consiste principalement à interroger et ré-utiliser les argumentaires stigmatisants et péjoratifs tenus, au sein des discours communs, sur les corps féminisés et minorisés pour les détourner et les affirmer comme potentiel espace de résistance et d’émancipation. »