En collaboration avec l'association VIVA, nous organisons une visite commentée de chaque exposition sous forme d'un diaporama d'images qui retracent le contexte plus large de l'Histoire de l'Art dans lequel s'inscrivent les oeuvres présentées à la galerie. C'est une manière d'en apprendre un peu plus sur les artistes et leurs démarches artistiques, mais aussi d'acqérir des notions plus générales sur comment aborder une oeuvre et sur d'autres artistes travaillant dans un courant similaire. Les visites ont lieu le premier mardi après le vernissage, l'après-midi à 15 h. La prochaine visite sera le mardi 12 juin à 15 h.
Si le désire, tout visiteur peut recevoir des explications exahausives sur l'expo en cours lorsqu'il vient à la galerie. Il est aussi possible d'organiser sur demande des visites commentées en groupe à d'autres moments. Il suffit pour cela de nous écrire à l'adresse de courriel fermedelachapelle@lancy.ch ou de nous appeler au 022.342.94.38.
Une quinzaine de personnes étaient présentes lors de la visite commentée du 22 avril à la Ferme de la Chapelle.
Le parcours de sculpture à Lancy
Le Service culturel de la Ville de Lancy organise un parcours de sculptures de l'artiste Etienne Krähenbühl à travers la commune, durant tout l’été. L’exposition s’intitule «La conscience du caillou» et se composera de neuf œuvres disséminées à travers la ville, en prolongement d’une exposition qui aura lieu à la Ferme de la Chapelle où seront présentées d’autres sculptures du même artiste., en lien avec les oeuvres de Bernard Garo, dans la galerie au même moment.
La première de ces sculptures a été posée mardi 17 avril au chemin des Palettes, comme vous avez pu déjà le découvrir et quittera les lieux à la fin du mois d’août. Elle se nomme «Désolé», et fait partie d’une série que l’artiste a appelée «Poussière d'étoiles», en rapport avec le fait qu’elle semble tombée du ciel.
Information sur la sculpture
Elle est composée de deux parties: une voiture (prêtée par une entreprise de démolition de voitures à Bussigny qui l'a écrasée conformément aux instructions de l'artiste) et une pièce de métal en forme de météorite, constituée de diverses plaques de métaux récupérées et assemblées par des soudures. La «météorite» a été posée sur la voiture, comme si elle l'avait écrasée de son poids. L’œuvre nous interroge: est-ce une météorite tombée du ciel, une «Poussière d'étoile»? Est-ce un OVNI ou un fragment naturel? Elle devient ainsi l'image de tout ce qui peut nous arriver dans la vie d'inattendu ou nous faire réfléchir à la forme disproportionnée de nos peurs.
La démarche artistique d'Etienne Krähenbühl
Les sculptures d'Etienne Krähenbühl ont deux choses en commun: premièrement le métal, qu’il travaille, soude et patine pour en révéler la beauté et deuxièmement, le temps qui passe, révélé par la rouille qui crée des dessins sur le métal et lui offre une palette de couleurs.
Ses pièces intriguent par leurs dimensions le plus souvent monumentales et aussi parce qu’elles utilisent des règles de physique leur donnant légèreté, mobilité ou une couleur insoupçonnées. Théâtrales par leur mise en scène, ou bien ludiques et interactives quand elles bougent, elles sont volontairement placées dans des lieux publics pour favoriser la proximité avec le public.
Dans la sculpture des Palettes, le concept du temps est marqué par la rouille et par le côté brut de l'assemblage de toutes ces pièces métalliques qui font penser que la sculpture a déjà vécu une existence avant de venir nous dévoiler ses mystères.
Pourquoi dans un lieu public et pourquoi les Palettes?
Etienne Krähenbühl souhaitait que cette sculpture (comme les autres d’ailleurs) s'inscrive dans le tissu urbain, au milieu d'autres voitures, afin d'interpeler le spectateur et l’interrompre un instant dans ses activités quotidiennes. Exposer une sculpture dans un musée signifie: «Attention, ceci est une œuvre d'art», et c’est à nous de nous y rendre. La placer dans l'environnement urbain signifie que l’artiste vient vers le spectateur, pour partager ses interrogations sur son rapport au monde, en tout lieu et à tout moment.
Il aurait été possible de choisir des lieux moins exposés, afin de protéger chaque pièce, mais Etienne Krähenbühl, habitué à exposer ses sculptures en plein air, a préféré des endroits permettant le dialogue. Lorsque la sculpture a été posée au chemin des Palettes, les habitants, intrigués, amusés et curieux ont photographié la scène, commenté et interrogé les personnes qui dirigeaient les opérations. L’artiste a répondu à leurs questions.
Trois jours plus tard, dans la nuit du vendredi 20 au samedi 21 avril, la voiture de démolition qui constituait son socle a été incendiée. Malgré cet acte de vandalisme, les autorités ont décidé de maintenir la pièce en place en s’assurant qu’elle ait bien été sécurisée et le service culturel redouble d’informations auprès de la population, tandis que l’artiste assiste avec intérêt à la vie de son œuvre aux prises avec son public.
L’artiste Etienne Krähenbühl est un artiste suisse de renommée internationale qui expos depuis les années 70 en Europe et aux Etats-Unis. Il a reçu en 2009 le prix de la Fondation Edouard et Maurice Sandoz qui récompense chaque année un projet de grande envergure et de qualité artistique. Il a travaillé en collaboration avec le physicien Rolf Gotthard à l'EPFL sur les alliages mémoire de forme (titane-nickel) aux propriétés incroyables.
Les autres sculptures ont été posées les 26 et 27 avril. Voici un petit historique de la mise en place, grâce aux photos prises par Michael Krähenbühl.
Quoi de neuf?
L'exposition actuelle, "Promenons-nous dans les bois..." présente les oeuvres d'Olivier Estoppey, Marie Gailland, Claude Gigon et Zivo. A découvrir jusqu'au 16 mai.