Sylvie Mermoud et Pierre Bonard / Pas de deux

du 29 avril au 28 mai 2017

horaires d'ouverture: mardi à dimanche 14h - 18h

Finement ciselés, les étranges microcosmes de Sylvie Mermoud oscillent entre minéral, végétal et animal. Ils suggèrent aussi bien des particules invisibles que des univers entiers aux paysages lunaires. L’artiste les dessine en suspension, se suffisant à eux-mêmes, comme le suggèrent leurs structures centripètes dont la symétrie légèrement faussée laisse supposer une potentielle croissance. Plusieurs typologies reviennent dans ces séries d’œuvres. Le cocon embryonnaire fait de transparences laissant entrapercevoir un noyau en devenir; la forme tentaculaire et labyrinthique qui promène indéfiniment le regard à la façon d’un trompe-l’œil d’Escher; la forme organique parcourue d’un réseau de vaisseaux peinant à la contenir; ou encore les silhouettes montagneuses créant un enchaînement de reliefs qui semblent se dédoubler comme sur une surface réfléchissante. D’une esthétique venimeuse, les dessins de Sylvie Mermoud fascinent et inquiètent à la fois. Le chatoiement des teintes et l’harmonie des contours charment le regard qui risque de se laisser piéger dans ces circonvolutions sans issue.

Les dessins de Pierre Bonard sont autant de mystérieux aphorismes que l’artiste se divertit à nous poser en devinettes. Avec quelques éléments très simples, cailloux, morceaux de bois, fourrure, il compose des installations virtuelles qu’il sort de tout contexte, en les isolant sur le blanc du papier. Par la finesse du trait, l’artiste construit et décompose la matière, offrant robustesse aux poutres et transparence au rocher. Dans cette dernière série de dessins, deux thèmes se combinent et se superposent en de surprenantes déclinaisons, celui de la croix et celui du jeu «pierre, feuille ciseau», qui pourrait se remplacer ici par caillou, bois, fourrure. Tel l’alchimiste, Pierre Bonard jongle avec les matières et l’ambiguïté du dessin. Teinté de vert ou de bleu, le rocher devient glace ou même eau en suspension, tandis que la fourrure se transforme en tapis herbeux. Pierre Bonard joue avec nos sens y compris celui de l’humour, qu’il peut faire parfois grincer. D’une simplicité désarmante, ses œuvres n’en sont que plus complexes, car il nous livre peu d’indices pour les décortiquer, activant par ce faire l’imaginaire du spectateur qui ainsi peut se les approprier.

Comme dans un jeu de questions et réponses, Sylvie Mermoud et Pierre Bonard ont entamé une série à quatre mains. Les règles sont de n’intervenir qu’une fois sur le dessin de l’autre. Il en résulte des œuvres étonnantes par l’équilibre des deux langages qui, loin de s’annihiler, se mettent en exergue, s’amplifient, se complètent l’un l’autre, créant des dessins énigmatiques comme de précieux messages qui révèlent la complicité des deux artistes.

Diplômée à l’ESAV à Genève, Sylvie Mermoud vit et travaille à Lausanne. Ses œuvres sont exposées régulièrement dans différents lieux en Suisse. Elle a notamment exposé à la galerie FORMA, au Flon Street Art, à l’espace Arlaud, à la galerie ESF, à l’atelier de Raynald Métraux, au Forum de l’Hôtel de Ville, à Space-station, au futur pôle muséal (Halle CFF), à la galerie Synopsis m, à la galerie Viceversa, à la galerie l’Entracte à Lausanne; à Halle Nord et à la Villa Dutoit à Genève; à la galerie APC à Fribourg ; au château d’Avenches; Au FAC à Sierre; au Manoir de la Ville de Martigny; à l’espace d’Assens; ainsi qu’à Nantes (Lieu Unique), à Wiesbaden, à Cologne et en Finlande.

Pierre Bonard a ouvert son atelier de restauration d’art en 1984 après une formation chez Pierre Boissonnas à Zurich. Il reprend la gestion de l’Espace Palud N°1 et devient curateur indépendant de plusieurs expositions comme au Château de la Sarraz et à l’espace Arlaud. Il se met au dessin en 2007 et a exposé dans différents lieux: Accrochage [Vaud 2008 et 2013], à l’espace ESF, à Space-Station, à la Halle CFF/Pôle muséal, à la galerie FORMA, à l’espace Arlaud à Lausanne; à Halle Nord à Genève; à Vevey il a participé à la performance Procession organisée par le collecrif RATS pendant le Festival Images (2010) ainsi qu’à l’exposition The Room conçue par ce collectif dans le bâtiment de l’ex-EPA.

images

 

documents

autour de l'exposition

//// vernissage de l'exposition:

//// rencontre avec l'art contemporain (en collaboration avec VIVA):

//// Michel Boutet chante et raconte «La Ballade de Jean Guy Douceur», une proposition de éRe Des BelLes pour le Festival de la Cour des Contes (entrée gratuite):

//// La Rivière bien nommée, un spectacle de Patrick Corillon pour le Festival de la Cour des Contes (entrée gratuite):

//// visites thématiques gratuites de l'exposition pour enfants accompagnés par un adulte. A 14h30:

 

PROGRAMME DU FESTIVAL DE LA COUR DES CONTES

 

programme 2017

à télécharger ici